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Notre environnement synthétique (1962)

 

Il aura fallu plus de 50 ans pour voir ce livre traduit en français, mais l’adage « mieux vaut tard que jamais » se justifie encore. Publié en 1962 aux USA, Notre environnement synthétique, premier ouvrage d’envergure de Murray Bookchin, a été un livre marquant à l’époque. Il participe aux débuts de l’écologie politique en offrant une critique, à la fois large dans les champs étudiés et précise dans son propos, de la société occidentale d’alors. Comme souvent dans ce genre de cas, il n’est pas trop tard pour revenir dessus et comprendre que les questions posées à l’époque sont celles auxquelles nous faisons face aujourd’hui, juste avec une intensité accrue.

A redécouvrir cet ouvrage en 2017, on s’aperçoit à quel point son propos reste pertinent et les avertissements encore valables. Détérioration de la qualité des denrées alimentaires produites, proliférations des additifs chimiques dans la nourriture que nous consommons, augmentation de la soumission aux éléments radioactifs au travers de la médecine, surpoids, augmentation du stress au sein de la vie quotidienne… Les thèmes traités dans les différents chapitres consacrés nous rappellent s’il le fallait que ces problèmes sont anciens et connus depuis longtemps. Et à quel point ils n’ont fait qu’empirer depuis, comme le montrent plusieurs notes de bas de page ajoutées pour cette édition et venant intelligemment mettre à jour les chiffres et valider la plupart des annonces faites vis-à-vis des décennies à venir.

Le propos central de Bookchin dans cet ouvrage est d’appeler à un rééquilibrage de la société avec la nature. Les questions de santé en particulier sont abordées dans le détail, en montrant les conséquences d’un appauvrissement de notre environnement sur celle-ci. « Les liens entre environnement et maladie sont devenus difficiles à ignorer » nous dit-il (p.50). Et son constat sur les causes est sans appel : « Les problèmes posés par notre environnement de plus en plus synthétique peuvent se résumer en disant que des intérêts autres que le bien-être biologique des êtres humains sont privilégiés. Dans une large mesure, l’homme ne travaille plus à son propre avantage. […] Les intérêts des entreprises passent dorénavant avant les besoins humains d’un air sain ; l’abandon des déchets industriels est prioritaire aux besoins de la collectivité en eau potable. Les lois du marché les plus pernicieuses sont privilégiées aux lois élémentaires de la biologie. » (p.56-57)

Une des raisons avancées à l’époque pour expliquer le peu de succès du livre – en termes de vente, notamment face à Printemps Silencieux de Rachel Carson, sorti peu après et qui est devenu un best-seller – a été la radicalité du propos. Loin de se contenter de mesure d’adaptation et de régulation pour remettre les sociétés modernes sur de bons rails, Bookchin évoque dans son ouvrage des mesures qui impliquent une refonte importante de notre manière de considérer l’être humain, la nature et leur santé commune. Sa proposition consiste en la décentralisation globale de la société, de manière à reconnecter l’être humain avec la nature, avec un environnement à son échelle, le tout accompagné d’une technologie moderne mais non industrielle, sélectionnée pour être dévolue à l’être humain et non au profit.

Malgré ses limites intrinsèques et celles de son époque, Notre environnement synthétique est un livre remarquable à plus d’un titre. Comme le rappelle Denis Bayon, qui est aussi à l’origine de la traduction, « Bookchin n’était ni médecin ni scientifique […] mais son livre montre qu’il était possible à un esprit curieux et original, à partir d’une lecture attentive du meilleur de la littérature de vulgarisation scientifique de l’époque, de comprendre les raisons de la crise écologique, une réalité incontournable dès la fin des années 1960 aux USA ». L’ouvrage se distingue aussi par rapport à la production suivante, et mieux connue, de Bookchin. On a ici un livre très scientifique, porté sur l’être humain et sa santé. Le terme d’écologie sociale n’y est pas encore utilisé, même si ses grands principes de décentralisation et de démocratie directe sont déjà bien élaborés. Le livre en lui-même en est un peu plus difficile à lire, en raison de sa technicité, mais l’auteur en ressort aussi plus crédible. Plus objectif que partisan.

Dans son commentaire en préface, Denis Bayon fait remarquer que Bookchin, même s’il prend des gants (beaucoup plus que par la suite d’ailleurs), propose des changements dont les conséquences ont un impact révolutionnaire radical, impliquant un changement complet de société – peut-être même plus que ce que Bookchin ne le pense, ou ne l’admet lui-même alors dans ce livre. Et Bayon relève un certain nombre de contradictions, posant notamment à juste titre la question de savoir s’il est véritablement possible de conserver les « acquis » de la technologie moderne, issue de l’industrialisation, sans ses dérives. Peut-on véritablement combiner « le meilleur du passé et du présent » ?

On retiendra au final l’élan positif qu’inclus ce livre, son espoir dans le développement d’un être humain complet, actif physiquement et intellectuellement, cherchant à vivre dans un environnement qu’il lui permette de se développer pleinement (et que lui-même laisse se développer en retour). La vie plutôt que la survie. Un idéal qu’il serait bon aujourd’hui de remettre au goût du jour, tant les conditions environnantes n’ont cessé de se dégrader.

Murray Bookchin, Notre environnement synthétique, éd. ACL, 2017, 280 PP.

Extraits choisis :

« Beaucoup de dangers menaçant notre santé produits par notre environnement synthétique ne peuvent être résolus par la législation. Ils naissent de la séparation croissante des villes de la campagne et de l’évolution de l’agriculture vers la consommation de masse. Autrement dit, ils proviennent de l’adaptation excessive de notre environnement naturel à notre nouveau modèle social et à nos méthodes industrielles. Il se pourrait bien toutefois que nous ayons commencé à commettre de graves erreurs dans notre relation à la nature. » (p.32)

« L’usage des machines tend à rendre le travail plus monotone et sédentaire, souvent aussi épuisant pour les nerfs que l’était le travail manuel pour les muscles. L’homme moderne est beaucoup moins actif physiquement que ses ancêtres. Il observe plutôt qu’il n’agit et il utilise de moins en moins son corps au travail et lors de ses loisirs. Son régime alimentaire, quoique plus abondant, est composé de nourritures de plus en plus industrialisées. Ses aliments contiennent un nombre inquiétant de résidus de pesticides en croissance vertigineuse, de colorants et d’arômes, de conservateurs et de produits chimiques issus de technologie dont un grand nombre pourrait nuire à sa santé. » (p.38-39)

« De la même façon l’agronome préoccupé en priorité par des critères quantitatifs tels que la taille des récoltes tendra à ignorer des processus écologiques dont l’affaiblissement pourrait réduire la qualité nutritive des aliments. L’argument que chacun des deux apporte à pour soutenir sa position est que les hommes vivent plus vieux et les récolte sont plus abondantes, mais cela ne prouve pas que l’augmentation de la durée de vie de l’être humain est la conséquence d’une meilleure santé ou qu’un récolte abondante a une plus forte valeur nutritive. » (p.70)

« Aussi bien en ville qu’à la campagne, un nouveau type d’humain semble émerger. C’est un individu nerveux, excité et fortement stressé, qui est marqué par une continuelle anxiété et une insécurité sociale grandissante. » (p.94)

« S’il n’y avait pas eu les extraordinaires progrès médicaux et l’amélioration des conditions de vie matérielles, les adultes aujourd’hui auraient connu une durée de vie plus réduite que leurs grands-parents. Ceci est une singulière marque d’échec. Elle suggère que l’homme moderne pourrait difficilement survivre hors de son cocon médical et pharmaceutique. » (p.207)

« Nous échangeons notre santé contre notre survie. Nous mesurons de plus en plus le plein d’accomplissement de l’homme non plus en fonction de la capacité à mener une vie vigoureuse, sans troubles physiques, mais de son habileté à vivre dans un environnement de plus en plus altéré. […] Nous sommes préparés à accepter le fait qu’un individu relativement jeune souffre de fréquents maux de tête et de troubles digestifs, d’une tension nerveuse permanente, d’insomnie, d’une toux tabagique persistante, d’une dentition qui se dégrade et de légères maladies respiratoires chaque hiver. Nous ne sommes plus surpris qu’il soit obèse après son entrée dans le milieu de la vie. Nous ne trouvons rien d’extraordinaire à ce qu’il soit incapable de courir plus que quelques kilomètres sans être hors d’haleine ou marcher sur quelques kilomètres sans être essoufflé. » (p.208)

« L’homme serait capable d’être bien davantage que ce qu’il est aujourd’hui – physiquement aussi bien qu’intellectuellement – si ses ressources étaient employées de manière raisonnable. […] La technique peut libérer le corps et le cerveau des hommes de la plupart des travaux ingrats et les rendre ainsi disponibles au service d’activités épanouissantes. Le travail peut être plaisant aussi bien qu’utile. » (p.210)

« Mais ni la science ni la technique ne peuvent constituer un substitut à une relation équilibrée entre l’homme et la nature. La médecine et les machines peuvent modifier cette relation, mais elles ne peuvent la remplacer. […] Les deux sphères, la naturelle et la synthétique, doivent nouer des relations complémentaires reposant sur une claire compréhension des besoins de l’homme comme organisme humain et des effets de son comportement sur le monde naturel. » (210-211)

« Il serait erroné de forger des concepts rigides à propos de « l’homme normal », « le régime alimentaire normal » ou le « mode de vie normal ». Toutes tentative de ce type manquerait dramatiquement de fondement biochimique et physiologique. » (p.212)

« L’intégrité, l’équilibre et la diversité devraient être vus comme des concepts écologiques pratiques – aussi importants pour la bonne santé des sociétés humaines qu’ils le sont pour produire des communautés animales et végétales stables. En vérité, il n’est pas exagéré de dire que lorsque ces concepts sont correctement appliqués, ils favorisent la santé humaine parce qu’ils garantissent la stabilité d’un écosystème composé d’hommes, d’animaux et de plantes. En dernière analyse, l’écologie de la santé est ancrée dans l’écologie naturelle. Un mode de vie complet suppose un accès non restreint à la campagne aussi bien qu’à la ville, au sol naturel aussi bien qu’aux trottoirs urbains, à la flore et à la faune aussi bien qu’aux bibliothèques et aux théâtres. Une vie équilibrée suppose un équilibre durable entre la campagne et la ville, entre les animaux, les hommes et les plantes et entre l’air, l’eau et l’industrie. » (p.217-218)

« En simplifiant à l’excès l’environnement naturel, nous avons créé un homme incomplet qui mène une vie déséquilibrée dans un monde standardisé. Un tel homme est malade, non seulement moralement et psychologiquement, mais aussi physiquement. » (p.218)

Soirée discussion à Genève

Vincent Gerber et Floréal Romero, coauteurs du livre « Murray Bookchin, une écologie sociale et radicale » (éd. le Passager Clandestin) viendront discuter de l’écologie sociale à Genève, dans le cadre des Rencontres du Lissignol 8.

Rendez-vous à 18h30 pour la présentation d’un extrait de la conférence de Bookchin « Les formes de la liberté ».
Une projection suivie d’un repas commun et d’une discussion.

Cette rencontre sera également l’occasion d’annoncer la tenue des rencontres de Bilbao, du 27 au 29 octobre 2017.

L’entrée est libre et ouvertes à toutes et à tous.

Publication « Après le capitalisme », de Pierre Madelin

On appelle cela une synthèse. Un exercice qui laisse toujours le risque d’être trop simplificateur voire de laisser le lecteur intéressé sur sa faim, mais celle-ci fait exception. Pierre Madelin, traducteur spécialisé des thématiques de l’environnement, est un auteur peu connu mais son livre mérite de l’être. Ancien étudiant en philosophie à la Sorbonne, il a grandi à Cuba ainsi qu’à Paris et vit aujourd’hui au Chiapas. Il publie Après le capitalisme, un petit essai qui pourrait apporter de solides fondations pour le développement futur de l’écologie radicale.

Analysant les apports de Castoriadis et de Bookchin autant que de Gorz, Latouche, Illich, Gary Snyder et plusieurs autres, l’auteur passe en revue les différentes problématiques écologiques de notre temps et les relie aux questions sociales et politiques. Le livre fait ressortir le lien direct entre l’anticapitalisme et l’écologie, montrant clairement comment l’un découle de l’autre. On se centre sur l’anticapitalisme, tout en évoquant le changement climatique, la croissance démographique, la relation aux animaux, l’éthique environnementale, la démocratie directe, l’urbanisme, le pacifisme… On le voit, beaucoup de domaines traités pour un livre de poche de 150 pages. Le défi était risqué, pourtant Pierre Madelin parvient à rassembler ces thématiques dans une approche cohérente.

Le capitalisme pour l’auteur ne se trouve pas dans une phase déclinante qui le verra tomber tout seul. Il est en transformation. Il forme aujourd’hui un mal systémique, structurel, dont les causes sont invisibles et sans auteurs précisément identifiables. L’échelle de ses structures et ses ramifications nous dépassent humainement. Il est dès lors très difficile de s’y opposer. « [Seul] des individus éduqués et dotés d’un certain capital symbolique peuvent en prendre conscience, à la différence d’un mal ou d’une injustice visible qui suscite immédiatement des réactions […] » (p.105). L’un des objectifs aujourd’hui, déclare l’auteur, est ainsi de rendre visible le mal, par une réduction de l’échelle « démesurée et incontrôlable à laquelle se déploient nos systèmes énergétiques, alimentaires, productifs et politiques » (p.106) et par l’élargissement des opposants au capitalisme. Pierre Madelin touche juste aussi en rappelant que, phénomène nouveau, le mal écologique nous touche toute et tous, qui que nous soyons et quel que soit notre positionnement sur l’échelon économique et social.

Se plaçant hors-chapelles (même s’il opte au final pour une perspective libertaire argumentée), l’auteur compare les apports des différents penseurs des thématiques abordées, en posant de bonnes questions sur leurs limites. Avons-nous le temps de développer les alternatives avant de dérégler gravement le climat ? Sommes-nous assez vertueux pour nous dévouer pleinement à la chose publique ? Les expériences concrètes menées actuellement au Chiapas (et ailleurs) peuvent-elles avoir une portée universelle ? Faut-il craindre un retour de la violence (guerrière) pré-étatique avec le développement d’unités politiques locales souveraines ? Voilà quelques-unes des questions soulevées, chapitre après chapitre, avec acuité.

Au final, trois scénarios sont envisagés pour la sortie du capitalisme : l’option étatique, « par le haut », débouchant logiquement sur la géo-ingénierie et ce que l’auteur pressent comme un éco-techno-fascisme ; puis une option de prise de pouvoir révolutionnaire et enfin le développement « par l’extérieur » d’alternatives au capitalisme. Néanmoins, si l’auteur plaide pour la dernière, la seule acceptable, il ne cherche pas pour autant à atténuer les difficultés entrevues pour convaincre. Sa conclusion à ce sujet vaut la peine d’être citée de manière extensive :

« Or aucun des scénarios politiques que nous avons envisagés n’est pleinement satisfaisant dans la perspective d’une transition écologique. La voie réformiste, « par le haut », n’est pas convaincante parce que les institutions « démocratiques » et les processus sur lesquels elle repose sont à bout de souffle, parce que l’État qu’elle se propose de réorienter en tenant compte des limites de la Terre a partie liée avec les processus historiques qui ont mené à la crise environnementale. Pour les mêmes raisons, la voie révolutionnaire classique de prise de pouvoir d’État n’est pas crédible, sans compter qu’il n’existe aujourd’hui aucun « sujet de l’histoire » susceptible de la mener à bien, et que les crimes de masse auxquels elle a conduit au siècle passé la rendent de toute façon suspecte. La voie de la diffusion par l’extérieur, « par le bas » et « conviviale », est la seule qui semble possible. […] Mais, indépendamment même des nombreuses questions que ces expériences soulèvent, leur caractère isolé et marginal les condamne à terme soit à l’implosion soit à l’impuissance, car il serait naïf de croire que ces « espaces libérés » puissent se multiplier dans des proportions telles qu’ils en viendraient à se substituer à l’ordre capitaliste. Il n’existe pourtant pas à l’heure actuelle de « quatrième voie », en tout cas pas à notre connaissance, qui permettrait de diffuser à grande échelle les acquis de ces espaces libérés en les intégrant à des nouvelles formes de pouvoir moins hétéronomes.
En outre, les échéances des catastrophes et des dérèglements qui nous menacent sont proches tandis que les changements structurels qu’il faudrait mettre en place pour y échapper exigent du temps. » [p.143-144]

Les similitudes du propos avec avec l’écologie sociale de Murray Bookchin sont nombreuses et justifient de publier cette chronique sur ce site. On relèvera d’ailleurs que Pierre Madelin l’enrichit par plusieurs aspects, en particulier au travers de son chapitre sur la question animale. En grattant bien, on dira quand même que l’approche écoféministe manque à l’appel et que d’une manière générale, les questions sociales liées à l’ordre existant (mariage, travail, argent…) pourraient être plus développées. Il est clair que le livre dans son approche ne pouvait être exhaustif et n’en avait pas le but. Pour tout lecteur cherchant un état des lieux court et actuel de l’écologie radicale, ce titre est à ce jour celui qui paraît le plus pertinent et convaincant. Un livre ressource, simple et complet à la fois, que l’on attendait depuis longtemps.

Pierre Madelin, Après le capitalisme, essai d’écologie politique, éd. Ecosociété, 2017, 150 PP.

CITATIONS :

« Qui plus est, nous pensons malheureusement que la phase « démocratique » de l’État moderne tout comme la phase « re-distributive » du capitalisme sont en train de s’achever, et que les offensives du capital et de l’État contre les droits sociaux et les territoires vont se multiplier, dans un contexte où l’instrumentalisation croissante de la menace terroriste (tout au moins dans les pays concernés par celle-ci) favorisera également la suspension, voire la suppression de nos droits politiques au nom de l’état d’urgence. » (p.39)

« Par conséquent, et symétriquement, aucune classe, aucune culture dominée ne peut prétendre incarner de façon privilégiée la lutte contre le capitalisme. Celle-ci peut et doit être menée par tous ceux et celles, quelle que soit leur origine sociale ou culturelle, qui se sentent dépossédés par la société dans laquelle ils vivent, ne serait-ce que parce qu’ils se sentent dépossédés de leur vie et de leur présence au monde. » (p.47)

« La transition énergétique, si elle n’est pas accompagnée d’une transition politique, ne fera qu’exacerber les inégalités et les formes de domination existantes. L’écologie politique et le combat contre les nuisances de la société industrielle seront vains s’ils ne se conjuguent pas avec une exigence de justice et d’égalité. » (p.54)

« Il ne s’agit pas de faire des minorités actives des agents d’émancipation de la société aux dépens de la société elle-même, ce qui réactiverait le double fantasme d’une majorité incapable de lutter pour sa propre émancipation et d’une avant-garde éclairée, mais plus modestement de reconnaître leur capacité à rendre visible le mal invisible, ou le mal qui a été occulté, afin que les risques et les injustices qui en découlent soient perçus et finalement combattus par l’ensemble de la société. » (p.140)

« Nous ne sommes pas nécessairement condamnés à choisir entre la « vie liquide » et « l’arrachement » permanent que nous imposent le capitalisme d’un côté et l’enracinement identitaire de l’autre. Il faut sortir de cette alternative infernale et du chantage intellectuel qu’elle institue: si vous n’aimez pas ce monde qui bouge, c’est donc que vous êtes au mieux un plouc ringard, mais plus sûrement un odieux petit réactionnaire, et peut-être même, qui sait, un nazillon en puissance. Le choix ne se situe pas entre l’enracinement et l’arrachement, entre l’ordre supposé immuable de la tradition et le désordre incessant de la modernité, mais entre différentes formes de temporalité et de mobilité. Quelles pourraient être une temporalité et une mobilité libérées du capitalisme, voilà ce qu’il reste encore à inventer. » (p. 126)

« Mais nous pensons que l’Etat moderne est la forme, le pendant politique du capitalisme ; et si celui-ci dépossède les communautés humaines et les individus de leurs moyens de reproduction matérielle et symbolique, l’Etat moderne en confisquant l’exercice du pouvoir et de la souveraineté et en le confinant dans une sphère de décision séparée de la société, prive les communautés humaines de leurs capacités d’autodétermination collective, sans lesquelles il est impossible de s’opposer efficacement aux exactions du capital. » (p.87)

« Il n’y aura pas de sortie du capitalisme sans sortie du régime représentatif, car c’est fondamentalement au nom des exigences du premier que le second s’est imposé. » (p.92)

IIe RENCONTRES INTERNATIONALES SUR L’ÉCOLOGIE SOCIALE

Nous transmettons le programme établit par le comité d’organisation des rencontres de Bilbao, qui auront lieu du 27 au 29 octobre 2017.
Le lieu de la conférence est
Karmela, Fika 44, 48006, Bilbao, Bizakaia. Pour toutes les infos, consulter leur site internet : http://ecologia-social.net

(Des traductions des conférences sont prévues sur place.)


Cela ne fait aucun doute aujourd’hui que le capitalisme fait des ravages autant dans la société qu’il a forgée à sa (dé-)mesure que dans la nature qui l’héberge. Pas besoin d’être un expert pour prévoir, dans les années à venir, un effondrement généralisé de ce capitalisme, à cause de sa propre logique productiviste et par l’épuisement progressif de l’énergie et des matières premières. L’État, contrairement à la croyance généralement admise, est l’outil principal du Capitalisme pour servir son expansion et pour réduire au maximum la lutte des classes qu’il provoque lui-même. Avec l’épuisement des ressources, il ne pourra plus promettre la « carotte » d’un « état de bien-être », et il devra augmenter la violence de sa force répressive et de ses mécanismes de coercition.

Les IIèmes Rencontres Internationales sur l’Écologie Sociale ont pour objectif de créer un espace toujours plus vaste d’analyses et de réflexions fécondes. Des réflexions alimentées par des expériences concrètes, tant historiques qu’actuelles, proches ou éloignées, avec pour but de fonder et d’ébaucher un nouveau paradigme politique émancipateur et des lignes d’action crédibles et tangibles, ayant capacité de consensus.

VENDREDI 27 OCTOBRE

• 16:00 Ouverture des portes, inscriptions…

• 17:00 Accueil, présentation des rencontres.

• 18:00 Table ronde : Quelles institutions pour quel municipalisme ?

a) Perspectives historiques. Situation actuelle : la social-démocratie et le municipalisme libertaire, le communalisme ou le conféderalisme démocratique.

b) Auzolan et batzarre : souveraineté collective en Euskal Herria (Pays basque).

c) Les institutions nécessaires : celles de l’État ou celles du peuple ? Les pour et contre de chaque tendance.

• 21:00 Dîner.

SAMEDI 28 OCTOBRE

• 09:00 Petit-déjeuner.

• 10:00 Ateliers autour de la défense du territoire (intersectionnalité des luttes, permaculture, bioconstruction, transition énergétique).

a) Les méga-projets : Une nécessité capitaliste programmée par l’État.

b) La défense du territoire, luttes et alternatives.

c) Coordination de la campagne et de la ville, revendications et alternatives dans une perspective politique communaliste.

• 13:00 Pause midi.

• 14:00 Ateliers sur le syndicalisme, ses tendances révolutionnaires et les

anarcho-syndicalistes.

a) Perspectives historiques : Les différents chemins du communisme libertaire en Espagne (1868-1937). Bonnes idées en Aragon et dysfonctionnements en Catalogne.

b) Le syndicalisme comme catégorie capitaliste ? Pourquoi ? Rôle du syndicalisme révolutionnaire et de l’anarcho-syndicalisme de nos jours.

c) Vision depuis le municipalisme libertaire, le communalisme et le confédéralisme démocratique.

• 17:00 Table ronde : Au-delà des États-nations.

a) Le nationalisme excluant de l’État-nation.

b) Une définition émancipatrice du concept de « nation ».

c) Le pari du peuple kurde : le confédéralisme démocratique et ses réussites.

• 21:00 Dîner.

DIMANCHE 29 OCTOBRE

• 09:00 Petit-déjeuner.

• 10:00 Ateliers sur le rôle psychologique du capitalisme dans l’aliénation et la destruction des liens communautaires et de communication.

a) Où tout commence : la répression du désir maternel et la genèse de l’état de soumission inconscient. Le concept du continu. La maternité antipatriarcale.

b) Capitalisme et culture du narcissisme, l’affection et l’attachement dans la société de consommation : utiliser et jeter.

c) Économie féministe et écoféminisme : la vie au centre.

• 13:00 Pause midi.

• 14:00 Table ronde : Jinéologie.

a) Paradigme de la sociologie de la liberté des femmes.

b) La « science de la femme » : reconnexion des femmes avec la société, la nature et la vie.

c) La Jinéologie est-elle une science exportable en Occident ?

• 17:00 Assemblée finale et perspectives.

 

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Nouveau site en espagnol

L’écologie sociale grandit et voit arriver un nouveau site-ressources en espagnol : http://ecologia-social.net/

A l’instar de notre propre site, il a pour but de collecter l’ensemble des écrits liés à l’écologie sociale traduit en espagnol. Il présentera aussi l’actualité et les projets développés dans cette sphère linguistique, à commencer par les prochaines rencontres de Bilbao, fin octobre.

A noter qu’il s’accompagne aussi d’une présence sur Facebook : https://www.facebook.com/ecolosocial/
https://www.facebook.com/events/766542740186817/

Longue vie à lui !

Philosophie politique radicale : en partant de Proudhon et de Murray Bookchin

Alban Mannisi a publié dans Grand Angle le 25 juin 2017 un article très détaillé sur les transformations du paysage opérées par le capitalisme. Une réflexion d’un point de vue libertaire qui fait appel à Proudhon autant qu’à la pensée de Murray Bookchin.

Voici le texte d’introduction du collectif Grand Angle :

Le texte qui suit d’Alban Mannisi témoigne de l’appropriation de ressources anticapitalistes et anarchistes par un aménageur du paysage, à partir d’un rapport critique aux formes dominantes à l’œuvre dans son métier mais aussi de l’attention portée aux pratiques citoyennes et aux résistances environnementales. Il s’agit en quelque sorte d’un trajet professionnel original vers un anarchisme hérétique et pragmatique.

Le collectif éditorial du site de réflexions libertaires Grand Angle

PDF à télécharger

Texte à découvrir ici dans son intégralité :
http://www.grand-angle-libertaire.net/philosophie-politique-radicale-du-paysage-au-xxie-siecle-et-ressources-anarchistes/

Alban Mannisi est architecte-paysagiste et docteur en aménagement du territoire et urbanisme. Actuellement professeur assistant au département d’urbanisme de l’université Hanyang à Seoul en Corée du Sud, il vit et exerce à l’étranger depuis une dizaine d’années (www.scapethical.org).

Pierre Bance – « Un Autre futur pour le Kurdistan »

Pierre Bance

Un Autre futur pour le Kurdistan ?

Municipalisme libertaire et confédéralisme démocratique

 

Il nous arrive à tous d’espérer voir sortir un livre, le livre, sur tel ou tel sujet. Le livre qui comblerait enfin un manque, une absence. Un Autre futur pour le Kurdistan ? m’a fait cet effet-là. Quand la révolution au Rojava a commencé à faire parler d’elle dans le monde entier, il y trois ans environ, il était difficile d’y voir clair. Entre les propos des uns, les critiques des autres, le manque de confiance qu’on pouvait légitimement avoir sur les faits relatés et l’objectivité des sources – sans parler de notre méconnaissance de la géopolitique très complexe liée au Kurdistan et au conflit en Syrie – tout cela amenait une grande confusion. Un grand flou qui était pour beaucoup dans le manque d’engagement de certains, et de soutiens à la cause d’une manière générale.

Pierre Bance, militant anarchiste de longue date, a eu le courage de se lancer dans cette obscurité pour tenter d’y voir plus clair. Docteur en droit, il a rassemblé et étudié les articles, témoignages ainsi que les textes officiels en lien avec le développement du confédéralisme démocratique au Rojava et a cherché à les décrypter, les expliquer, pour comprendre au mieux la situation sur place. On remarque vite que le travail a été intense, car c’est presque l’ensemble des textes parus en langue française sur le sujet qui sont cités. Il suffit de constater le nombre de notes de bas de pages et de textes cités pour comprendre que ce n’est en rien un abus de langage. Dans son ensemble, Un Autre futur pour le Kurdistan ? se base principalement sur des analyses de textes, toujours commentés et mis en perspectives.

Le livre s’articule autour de plusieurs axes. L’auteur formule en premier lieu une critique de l’État. C’est finalement le point de départ de la question et, on s’en doute, ce qui a poussé ce libertaire sur la question du confédéralisme démocratique. Cette première partie sert de préambule permettant de comprendre l’enjeu principale dans lequel se place la révolution kurde – ou, pour être plus précis, sur quelle voie les libertaires espèrent la voir aller et les pièges qui se retrouvent sur son chemin.

Le lien est ensuite fait avec la théorie du municipalisme libertaire de Murray Bookchin, dont l’auteur est un fin connaisseur. L’auteur développe et précise la pensée de Bookchin, la vulgarisant autant que cherchant à la délivrer des malentendus historiques qui l’ont souvent accompagnée. Le ton n’est pas à la polémique ou à l’encensement, mais à la critique étayées et justifiée. Pierre Bance, qualité très rare aujourd’hui, cherche à comprendre et non à avoir raison ou à condamner idéologiquement. Et cette compréhension lui permet en retour d’expliquer lucidement les concepts à son lecteur. On avance ainsi dans la pensée, présentée succinctement mais de façon très complète et claire.

Bookchin est ensuite comparé dans son discours à Abdullah Öcalan, de façon à faire ressortir ce qui les rassemble et là où ils divergent. Inspiré du municipalisme libertaire, le modèle confédéralisme démocratique théorisé par Ocalan et promu par le PYD en Syrie, est complexe dans son application en Syrie et en Turquie, car il est relayé par plusieurs à plusieurs niveaux ou cercles, par des groupes eux-mêmes entremêlés et, comme le fait remarquer Pierre Bance, le plus souvent chapeautés par le PKK. Il montre la création de comités locaux, d’instance supra-régionales, de l’apport majeur apporté sur le thème de l’égalité hommes-femmes et d’une manière générale sur le développement de cette démocratie directe partant de la base qui cherche à se développer au Rojava depuis plusieurs années.Mais l’auteur ne fait pas l’impasse sur les zones d’ombres, comme ces lignes floues entre le groupe de guérilla militaire et les institutions civiles, qui rend difficile de savoir où se situe concrètement le pouvoir et la latitude – ou disons l’indépendance – des institutions civiles. Cela en particulier dans un contexte de guerre civile (Syrie) et de répression (Turquie), sans parler des tensions idéologiques avec les Kurdes voisins d’Irak, qui créent une lutte d’influence sur le chemin politique pris en Syrie.

Les théories d’Öcalan se verront ensuite à leur tour mises en perspectives avec les textes officiels et avec les actions reportées de ce qui est développé dans les trois cantons « libérés » du Rojava, avec la même vision critique et même mise en évidence des convergences et divergences apparentes.

L’intérêt clé du livre, c’est d’expliquer à quoi ressemble concrètement le confédéralisme démocratique appliqué au Rojava, notamment par l’étude minutieuse des différents points de la Charte du Rojava, le texte fondateur. Un travail minutieux et précis, allant chercher le détail pour comprendre à quoi ressemble la réalité derrière les mots et les commentaires qui nous arrivent. L’auteur analyse la situation de son point de vue de libertaire et d’expert en Droit, en cherchant à expliquer les rôles de chacun des groupes ou structures en présence.

L’auteur est conscient que les différentes entre la réalité et l’idéologie affichée s’explique en grande partie par contexte de guerre (et un manque de soutien international) qui ne permet pas aux Kurdes du Rojava de développer leur projet comme ils le souhaiteraient idéalement. L’urgence, pour eux, est tout autre. Cette indulgence n’empêche pas Pierre Bance d’amener des interrogations légitimes. Notamment sur la présence récurrente du modèle capitalisme, encore peu remis en cause, certains aspects peu progressistes de la Charte du Rojava et du risque de voir basculer le confédéralisme démocratique réellement appliqué dans une forme d’État-nation à différents niveaux (on dirait chez nous un fédéralisme à la Suisse…). Il n’évite pas non plus les sujets qui ont fait polémique, d’un point de vue libertaire ou sur le domaine des droits humains, comme celui des enfants-soldats ou du déplacement de population, tout comme il questionne à juste titre l’absence de tenue d’élections législatives alors que celles liées à l’exécutif ont eu lieue au Rojava. Certaines questions trouvent des réponses, d’autres non, fautes de moyens de trancher à partir des textes disponibles, surtout face à des témoignages contradictoires. Là encore, il faut reconnaître à Pierre Bance la sagesse de se montrer prudent dans sa critique. L’auteur a bien conscience de l’enjeu de propagande qui se joue en Syrie, et de l’impossibilité d’accès aux zones de conflits et aux textes en langue kurde.

On signalera aussi la présence de plusieurs articles courts en annexe. Les premiers présentant Bookchin et Öcalan, mais aussi reprenant des textes récents diffusés dans la presse anarchiste et en lien avec la thématique du confédéralisme démocratique et du syndicalisme. On y trouve également le texte critique de Philippe Pelletier « Ecologie et anarchie : sortir de la confusion », qui tend à rappeler que l’écologie doit sortir du carcan des scientifiques pour retrouver sa « perspective révolutionnaire globale, qui a disparu dans les poubelles écologistes ».

Certains trouveront peut-être le livre un peu technique, mais c’est à mon avis une de ses grandes forces. Il faut saluer l’effort fait d’aller dans le détail plutôt que de s’arrêter aux principes généraux. L’ouvrage, loin d’un récit ou d’un livre politique, pourrait devenir un véritable document de travail pour toute personne cherchant à se renseigner sur le Rojava et le confédéralisme démocratique. Il manque bien sûr, fatalement, la vision in situ. L’auteur n’ayant pas été sur place, il doit se contenter des sources à disposition. A ce titre, il serait intéressant d’avoir un commentaire des Kurdes sur les propos et critiques contenus dans l’ouvrage.

Il faut saluer enfin la réussite d’avoir produit un livre si dense en si peu temps. Ca lui permet d’être actuel, aujourd’hui encore, alors que tout bouge très vite. Ce n’est pas un livre de mémoire, et heureusement. Le Rojava est encore debout et son projet de développement démocratique continue de se développer et d’être confronté aux éléments soulevés par Pierre Bance. En fait, Un Autre futur pour le Kurdistan ? renseigne sur le présent et pourrait sans peine se montrer utile dans beaucoup d’autres conflits à venir, pour éviter le glissement vers un système étatique quand c’est celui-là même qu’on entend combattre.

Vincent Gerber

L’auteur
Pierre Bance, docteur d’État en droit, a été directeur des Éditions Droit et Société de 1985 à 2008. Anarchiste et syndicaliste, ses derniers travaux sont publiés sur le site Autre futur.net (http://www.autrefutur.net/).

Edition Noir et Rouge
https://editionsnoiretrouge.com
Février 2017 – 400 pages

Lien vers le dossier de presse

 

 

Rencontres de Bilbao : précisions sur le thème « Nations contre Etat-Nation »

Les rencontres de Bilbao se tiendront du 27 au 29 octobre 2017. Un des thèmes principaux serait « Nations contre Etat-nation ». Une thématique qui se découplerait en plusieurs sujets, comme « Quelles institutions pour quel municipalisme ? », « L’anarcho-syndicalisme aujourd’hui et le municipalisme libertaire » ou encore la « Jinéologie » (la science des femmes).

A noter, car le sujet a fait débat, que « Nations contre Etat-Nation », n’est pas une tentative pour redonner du souffle à un Nationalisme en perte de vitesse et moins encore d’essayer de le sauver sous l’oximore: “anarcho-nationalisme ». De fait, nous condamnons le nationalisme, vienne d’où il vienne, comme pure création patriotique et religieuse de l’Etat-nation pour, partant du louable sentiment d’amour du terroir et ses gens, éluder les conflits de classe et la vraie nature du Capitalisme destructeur de toute biodiversité. Un nouvel Etat-nation ne fera qu’uniformiser ses sujets sous un même patron, diviser davantage et dresser “son” peuple contre les autres peuples.  C’est pourquoi nous entendons aller bien au-delà de ces vieilles tentatives nationalistes qui prétendent créer un autre Etat-nation dans une aire géographique plus restreinte, car tous leurs efforts pour résoudre la « question nationale » ne peuvent aboutir.

Lorsque nous parlons de « nations », il s’agit des peuples et de leurs respectives cultures, propres et riches par leur diversité et là nous nous faisons écho des paroles de Bookchin : « … ces peuples spécifiques doivent être libres de développer pleinement leurs propres capacités culturelles qui n’est pas seulement un droit mais un desideratum. Le monde serait un lieu terne en effet si une magnifique mosaïque de cultures différentes ne remplaçaient pas le large monde déculturé et homogénéisé créé par le capitalisme moderne. »

Le pari actuel et la raison de cette convocation autour de cette question d’importance, c’est celui de réfléchir ensemble, de débattre, d’aller au-delà des nationalismes et consolider un nouvel imaginaire, libérés des fléaux de la domination dans toutes ses manifestations, comme partie intégrantes de l’ écologie sociale.

les Zapatistes, avec « ce monde où habitent tous les mondes », tout comme les Kurdes du Rojava avec la mise en place du « Confédéralisme Démocratique », nous montrent de nouvelles voies pour atteindre cet incontournable objectif d’un monde riche d’autre mondes.   

Conférence du TRISE 2017 à Thessalonique

Le droit à la cité et l’écologie sociale

Vers des cités écologiques et démocratiques

Thessalonique, du 1er au 3 septembre 2017

La 4ème conférence 2017 du Transnational Institute of Social Ecology (TRISE) se précise. Les premiers noms de personnes invitées pour des présentations sont connus : Brian Morris (anthropologue et auteur, Londres), Havin Guneser (défenseure du droit de la femme et des Kurdes, Hamburg), Kate Shea Baird (Comité international de Barcelone en Comú), Magali Fricaudet (UCLG, commission sur la démocratie participative, Barcelone), Theo Karyotis (chercheur indépendant, traducteur et militant, Thessalonique), Daniel Chodorkoff (cofondateur de l’Institut d’écologie sociale du Vermont, Marshfield).

Toutes les infos sur www.trise.org
info[at]trise.org